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Publié par Litteratus

 

Dickens à Rochester : Satis house

 

Repères : Tour d'Angleterre : le Kent

 

Dickens et le Kent

Après Canterbury, nous voici désormais à Rochester qui se trouve à 40 kilomètres de Canterbury. Cette étape nous permettra de revenir sur les terres de Charles Dickens.

Dickens et le Kent, voilà une association d'idées originale. On rattache communément cet auteur et son univers aux bas-fonds de Londres. En réalité, il s'avère que le décor de son œuvre se situe également dans le Kent qu'il connaissait bien pour y avoir habité dès son enfance. Dickens et le Kent sont donc indissociablement unis.

 

 

Miss Havisham dans les Grandes Espérances de Dickens

A Rochester, intéressons-nous plus particulièrement à un roman célèbre de l'auteur : les Grandes Espérances. Cette œuvre merveilleuse narre les profondes désillusions d'un jeune homme, Pip. Nous laisserons, si vous le voulez bien, le protagoniste de l'action pour découvrir un personnage secondaire haut en couleur, Miss Havisham.

Cette dernière vit recluse depuis des années dans une maison délabrée appelée Satis House. Dickens s'est inspiré de la Restoration House pour son œuvre. Cette dernière se visite toujours à Rochester.

 

La Gazette vous propose de pénétrer dans cette terrible maison en parcourant le texte de l'auteur avant d'en faire virtuellement le tour avec cette vidéo.


Bonne visite !

 

***

" Nous entrâmes dans la maison par une porte de côté ; la grande porte d’entrée avait deux chaînes, et la première chose que je remarquai, c’est que les corridors étaient entièrement noirs, et que ma conductrice y avait laissé une chandelle allumée. Mon introductrice prit la chandelle ; nous passâmes à travers de nombreux corridors, nous montâmes un escalier : tout cela était toujours tout noir, et nous n’avions que la chandelle pour nous éclairer. (…)

 

Je n’aurais peut-être pas fait cette réflexion sitôt, si dès en entrant, je n’avais vu, en effet, une belle dame assise à cette toilette, mais je ne saurais le dire. Dans un fauteuil, le coude appuyé sur cette table et la tête penchée sur sa main, était assise la femme la plus singulière que j’eusse jamais vue et que je verrai jamais.

Elle portait de riches atours, dentelles, satins et soies, le tout blanc ; ses souliers mêmes étaient blancs. Un long voile blanc tombait de ses cheveux ; elle avait sur la tête une couronne de mariée ; mais ses cheveux étaient tout blancs. De beaux diamants étincelaient à ses mains et autour de son cou et quelques autres étaient restés sur la table. Des habits moins somptueux que ceux qu’elle portait étaient à demi sortis d’un coffre et éparpillés alentour. Elle n’avait pas entièrement terminé sa toilette, car elle n’avait chaussé qu’un soulier ; l’autre était sur la table près de sa main, son voile n’était posé qu’à demi ; elle n’avait encore ni sa montre ni sa chaîne, et quelques dentelles, qui devaient orner son sein, étaient avec ses bijoux, son mouchoir, ses gants, quelques fleurs et un livre de prières, confusément entassées autour du miroir.

Ce ne fut pas dans le premier moment que je vis toutes ces choses, quoique j’en visse plus au premier abord qu’on ne pourrait le supposer. Mais je vis bien vite que tout ce qui me paraissait d’une blancheur extrême, ne l’était plus depuis longtemps ; cela avait perdu tout son lustre, et était fané et jauni. Je vis que dans sa robe nuptiale, la fiancée était flétrie, comme ses vêtements, comme ses fleurs, et qu’elle n’avait conservé rien de brillant que ses yeux caves. On voyait que ces vêtements avaient autrefois recouvert les formes gracieuses d’une jeune femme, et que le corps sur lequel ils flottaient maintenant s’était réduit, et n’avait plus que la peau et les os. J’avais vu autrefois à la foire une figure de cire représentant je ne sais plus quel personnage impassible, exposé après sa mort. Dans une autre occasion, j’avais été voir, à la vieille église de nos marais, un squelette couvert de riches vêtements qu’on venait de découvrir sous le pavé de l’église. En ce moment, la figure de cire et le squelette me semblaient avoir des yeux noirs qu’ils remuaient en me regardant. J’aurais crié si j’avais pu.(...)"


Les Grandes espérances, Dickens, chapitre 8, traducteur Traduction par Charles Bernard-Derosne

http://fr.wikisource.org/wiki/Les_Grandes_Esp%C3%A9rances/I/8

 

 

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