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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

Des pratiques boursières distinctes (Némirovski/Dee)

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Repères : thème de la finance : l'étude


Il a été indiqué dans l'article précédent l'objet des deux livres de notre petite étude :

- David Golder, d'Irène Némirovski, roman publié en 1929.

- Les privilèges, de Jonathan Dee, roman publié en 2010.

 

Bourse : entre microcosme et économie globalisée

Ces deux œuvres sont bien dissociables sur le plan de l'époque et des pratiques boursières. Dans le roman d'Irène Némirovski, l'action se déroule dans la période de l'entre-deux-guerres, les places boursières sont moins nombreuses et les financiers se connaissent tous. Le monde de la finance revêt donc la forme d'un microcosme. Il n'en va évidemment pas de même dans le livre de Jonathan Dee : le contexte de l'après 11 septembre nous situe dans une économie dite globalisée. Les temps sont à l'euphorie économique : l'argent règne en maître.


L'audace des personnages reste dans les deux romans largement évoquée. Deux as de la finance sont ainsi décrits dans leur aspect physique et moral. Leur entourage familial joue également un rôle crucial dans leur enrichissement. Mais c'est bien la question de la conscience ou de la morale qui est sous-jacente dans ces deux livres. Chez Irène Némirovski, on sent la dénonciation implacable du monde de la finance ; à l'inverse, chez Jonathan Dee, les évènements s'enchaînent sans qu'il ne soit posé le moindre jugement ou a priori, ce qui donne à l'œuvre un relief particulier. L'absence de distance avec les faits nous met en prise directe avec ce monde qui nous paraît, dès lors, plus familier.

 

L'absence de conscience du financier

Il reste que l'on peut également souligner trois points communs dans ces romans. On notera en premier lieu la forme d'addiction au « jeu » boursier qui transparaît chez les deux financiers. Il est ainsi question, dans David Golder, de satisfaire de manière permanente un « vice » lorsqu'on évoque, dans le second ouvrage, la recherche perpétuelle d'adrénaline.

 

Ensuite, on reste frappé par l'insondable solitude du financier : la peur et la maladie finissent par ruiner le héros d'Irène Némirovski ; la paranoïa et la peur de se faire arrêter par les autorités du marché conduisent le personnage de Jonathan Dee à clore ses activités illicites.


Mais c'est bien la perte de repères moraux qui unit ces deux œuvres : la fortune déconnecte les héros de toute valeur humaine. Dans le premier opus, il est patent de constater que les affaires ont durci le cœur de l'homme ; dans le second, c'est l'absolue relativité de l'éthique qui est remarquable : la conscience est une donnée essentiellement variable au fil du livre.


Nous débuterons par le roman d'Irène Némirovski.


Repères à suivre : l'étude : David Golder, un homme sans scrupules

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