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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

Deux romans d'éducation (Stendhal/Giono)

 

Deux romans d'éducation (Stendhal/Giono)

 

Deux romans d'éducation

(repères : thème de l'héritage : l'étude)

Venons-en aujourd'hui, après l'article consacré à la carrière militaire des deux héros, à ce qui constitue le point d'orgue de l'étude. Il s'agit en effet de montrer en quoi ces deux œuvres sont des romans d'apprentissage. Un roman d'éducation correspond à un type de roman où le héros acquiert, au fil de ses aventures, une expérience de la vie et découvre ainsi le sens de son existence.

Les deux personnages principaux sont tous deux totalement inexpérimentés au début du roman, sachant que Fabrice l'est plus qu'Angelo puisque ce dernier est déjà plus inséré dans la société et a connu l'amour. Mais des expériences nouvelles vont les conduire -tous deux- à mûrir.

Ainsi Fabrice verra son éducation davantage complétée par les années passées au séminaire. Il se passionnera aussi pour l'archéologie. Mais il découvrira surtout l'amour véritable dans les yeux de la belle Clélia. Il souffre au désespoir de la voir épouser le marquis Crescenzi. Sa vie semble totalement vide sans elle :

« Fabrice commençait à croire qu’il était séparé d’elle pour toujours, et le désespoir commençait aussi à s’emparer de son âme. Le monde où il passait sa vie lui déplaisait mortellement, » (livre II, chapitre 27, page 597).

 

Il trouvera le moyen de la revoir par le succès de ses prêches qui enflamment la ville de Parme. Il conquiert ainsi la femme qu'il aime, mais ne peut la voir que la nuit, en cachette. Un fils, Sandrino, nait de cette union illégitime. Devenant père, Fabrice n'a pour seule ambition que de garder cet enfant auprès de lui comme gage du bonheur, la seule chose qui compte désormais à ses yeux. On verra que cette quête ne sera pas couronnée de succès : des décès s'enchaînent en effet à la toute dernière page du livre...

 

Du côté de Giono, le jeune Angelo qui a connu l'amour charnel ne connaît rien à l'amour véritable. Il rencontrera Pauline de Théus, elle-même mariée, avec laquelle il fuira les dangers. Une complicité s'instaure rapidement entre eux. Ils se découvrent, au plus profond de leur être, au fil des dangers. On les prend même pour mari et femme. Néanmoins cet amour ne tombe pas dans les affres de l'adultère en raison du caractère chevaleresque du héros et de la fidélité de Pauline à son mari.

C'est précisément cet amour -impossible- qui confère la liberté de ton et de geste que l'on trouve entre les deux personnages. Il la sauvera ainsi du choléra en la massant sur tout son corps sans jamais connaître la gêne ; cela donne ainsi une scène finalement pleine d'érotisme :

«(...) il reposa sa joue sur ce ventre qui ne tressaillait plus que faiblement, et il s'endormit » (page 493)

Le Hussard sur le toit, un hommage à Stendhal, une lecture unique à (re) découvrir...

Les références de l'étude figurent dans la bibliographie du mois.

 

Repères à suivre : thème de l'héritage : la synthèse

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