Partager l'article ! D'une maison à l'autre (V) : la maison idéalisée (Charles Guérin): Arrêtons-nous un instant sur une maison totalement unique : la maison de ...
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Thème du mois de juin 2012 : le divertissement
Calendrier des articles du mois de juin 2012 :
du 1er au 2 juin 2012 : l'éditorial et le sommaire,
du 3 au 15 juin 2012 : présentation
du 16 au 26 juin 2012 : l'étude -la synthèse- la bibliographie,
du 27 au 30 juin 2012 : le feuilleton inédit : D'un divertissement à l'autre.
Index généraux de la Gazette Littéraire :
Index des études : 2009 - 2010- 2011-2012
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Classement des 10 meilleurs articles
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Arrêtons-nous un instant sur une maison totalement unique : la maison de nos rêves.
Découvrons celle de Charles Guérin, poète français oublié du XIXème siècle, qui trouve sa place dans cette série d'articles.
Contemplons cette demeure, chère à son cœur, qui n'existe hélas pas, ainsi qu'il le révèle avec sensibilité dans le dernier vers...
Apprécions l'utilisation du conditionnel...
***
La maison serait blanche et le jardin sonore
De bruits d'eaux vives et d'oiseaux,
Et le lierre du mur qui regarde l'aurore
Broderait d'ombres les rideaux
Du lit tiède où, mêlés comme deux tourterelles,
Las d'un voluptueux sommeil,
Nous souririons, heureux de nous sentir des ailes
Aux premiers rayons du soleil.
Cette maison n'aurait sous l'auvent qu'un étage
Au balcon noyé de jasmins.
Les fleurs, le miel, ô mon amie, et le laitage
Aromatiseraient tes mains.
Un fleuve baignerait nos vergers, et sa rive
Cacherait parmi les roseaux
Une barque bercée et dont la rame oisive
Miroite en divisant les eaux.
Nous resterions longtemps assis sur la terrasse,
Le soir, lorsqu'entre ciel et champ
Le piétinant troupeau pressé des brebis passe
Dans la lumière du couchant ;
Et nos cœurs répondraient à l'angélus qui sonne
Avec la foi des cœurs à qui la vie est bonne.
Plus tard, sur le balcon rempli d'ombre, muets,
L'oreille ouverte au bruit des trains dans la vallée,
Goûtant tout ce qu'un sage amour contient de paix,
Nos âmes se fondraient dans la nuit étoilée.
Écoutant nos enfants dormir derrière nous,
Pâle dans tes cheveux libres où l'air se joue,
Ta main fraîche liée aux miennes : " Qu'il est doux,
Qu'il est doux, dirais-tu, les cils contre ma joue,
Quand on sait où poser la tête, d'être las ! "
Mes lèvres fermeraient ta paupière endormie.
Cher asile, jardin, maison rustique... Hélas !
Car nous rêvons quand il faut vivre, ô mon amie !
Cœur solitaire 1896, Charles Guérin (1873-1907)
http://ia311235.us.archive.org/1/items/lecoeursolitaire00guuoft/lecoeursolitaire00guuoft.pdf
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