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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

Coriolan ou le climat politique troublé (Shakespeare)

Repères : thème du pouvoir : l'étude

Dans le précédent article, il a été précisé que l'étude du mois qui tourne autour de la question délibérément dérangeante de savoir comment s'efface une démocratie propose la lecture des deux œuvres suivantes :

- Coriolan, tragédie de Shakespeare,

- Rhinocéros, pièce de théâtre de Ionesco.

Entrons dans le vif du sujet.

***

Un contexte politique troublé

La dernière tragédie de Shakespeare se situe au Vème siècle avant JC dans une Rome au climat politique troublé mettant en scène une opposition d'intérêts irréductibles entre les nobles patriciens et les plébéiens.

La scène première s'ouvre ainsi sur un mouvement de révolte du peuple qui, tiraillé par la faim, cherche son dû auprès de la classe possédante :

« La maigreur qui nous défigure, le tableau de notre misère, sont comme un inventaire qui détaille leur abondance. Notre souffrance est un gain pour eux. Vengeons-nous avec nos piques avant que nous soyons devenus des squelettes, car les dieux savent que ce qui me fait parler ainsi, c'est la faim du pain et non la soif de la vengeance.» (acte I, scène 1)

C'est ainsi que la classe dominante ne tarde pas à prendre en compte cette population menaçante avec notamment un gage donné à la plèbe : cette dernière s'est vue allouée quelques représentants (des tribuns) en charge de la défense de ses intérêts.

 

Du recours à la métaphore

Il reste que du point de vue des patriciens, la plèbe n'est pas à même d'agir dans l'intérêt général de la cité. La tirade du sage Ménénius -qui cherche pourtant les compromis dans cette époque complexe- est assez éclairante à ce sujet.

Il utilise pour se faire comprendre la métaphore du corps pour justifier la prédominance des patriciens : ces derniers forment le ventre qui stocke la nourriture alors que le peuple prend la forme des membres qui se mutinent devant l'injustice de la situation.

S'instaure donc un conflit entre les différentes parties du même corps. Le ventre justifie sa prépondérance ainsi :

«Il est vrai, mes amis, vous qui faites partie du corps, dit-il, que je reçois d'abord toute la nourriture qui vous fait vivre, et cela est juste, car je suis l'entrepôt et le magasin du corps entier. Mais si vous y réfléchissez, je renvoie tout par les fleuves de votre sang jusqu'au cœur qui est la cour de l'âme, et jusqu'à la résidence du cerveau : car les canaux qui serpentent dans l'homme, les nerfs les plus forts, les veines les plus petites, reçoivent de moi cette nourriture suffisante qui entretient leur vie, et quoique vous tous à la fois, mes bons amis (….) Quoique vous ne puissiez pas voir tout de suite ce que je distribue à chacun en particulier, je peux bien, pour résultat du compte que je vous rends, conclure que vous recevez de moi la farine la plus pure, et qu'il ne me reste à moi que le son. » (acte I, scène 1)

Cette justification toute théorique n'emporte par une folle adhésion de la foule qui préfère concentrer toute sa hargne à l'égard d'un digne représentant de la classe dominante abhorrée, Caius Martius, héros triomphant et aussi orgueilleux. Trop du point de vue de la plèbe...

 

Repères : thème du pouvoir :présentation de Caius Martius Coriolan (Shakespeare)

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flora 22/01/2012 21:16


le partage des biens a toujours été un problème crucial...

Litteratus 23/01/2012 21:03



Toujours d'actualité...