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Publié par Litteratus

 

Bouvard et Pécuchet, de la chimie à la médecine (Flaubert)

 

Repères : thème du ridicule : l'étude

 

Il a été indiqué dans l'article précédent que deux retraités décident de se lancer dans le travail de la terre avec une connaissance livresque des choses. L'échec est cuisant. Loin de se décourager, ils se lancent dans une nouvelle expérience tout aussi stupéfiante...

***

De la théorie...

Se basant sur des manuels de base, nos scientifiques en herbe se lancent à corps perdu dans la chimie pure mais l'expérience tourne court car elle aboutit à une explosion de l'alambic. Sans désemparés, nos apprentis sorciers bifurquent alors vers la chimie organique ; ils se passionnent dès lors pour le corps humain et acquièrent un mannequin qu'ils dissèquent avec ...gourmandise :

« Cela ne ressemblait point à un cadavre, mais à une espèce de joujou, fort vilain, très propre et qui sentait le vernis.

Puis ils enlevèrent le thorax ; et ils aperçurent les deux poumons pareils à deux éponges, le cœur tel qu’un gros œuf, un peu de côté par derrière, le diaphragme, les reins, tout le paquet des entrailles.

À la besogne ! dit Pécuchet.

La journée et le soir y passèrent.

Ils avaient mis des blouses, comme font les carabins dans les amphithéâtres, et à la lueur de trois chandelles, ils travaillaient leurs morceaux de carton,(...) » (chapitre 3, page 84). Le ridicule ne les effraie nullement et même la curiosité des villageois qui est à son comble les charme. Nos deux amis n'ont cure du jugement d'une population jugée ignare. Ils sont persuadés d'être hors du commun. Ils sont prêts à « souffrir pour la science » (page 86). Après la théorie, les deux retraités se tournent logiquement vers les travaux pratiques...

 

...à la pratique

Et voilà nos deux héros s'exerçant de manière illégale à l'exercice de la médecine. Imbus de leur science toute relative et totalement livresque, ils ne craignent pas de contredire le diagnostic du médecin lorsqu'ils ne se disputent avec ce dernier. Ils s'essayent tout aussi librement à trouver des remèdes en vérité fort cocasses :

« D’après ce raisonnement qu’en diminuant la chaleur on entrave les phlegmasies, ils suspendirent dans son fauteuil, aux poutrelles du plafond, une femme affectée de méningite, et ils la balançaient à tour de bras quand le mari survenant les flanqua dehors. » (page 99). Le ridicule n'effleure pas leur cerveau déjà tourné vers d'autres champs du savoir (l'astronomie, la zoologie, la géologie,...). Arrivés au point culminant de leur sottise, Bouvard et Pécuchet tournent casaque et vont pénétrer dans le monde merveilleux des Humanités. Les échecs n'en seront pas moins aussi nombreux...

 

Repères à suivre : l'étude : de l'étude des humanités à l'éducation des enfants

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