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Gazette littéraire

Bienvenue à Lilliput ! (Swift)

Repères : thème de l’île : vers et prose

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 L’île de Lilliput, l’île de l’infiniment petit

 

Une expérience insolite dans l’infiniment petit

Dans l’article précédent, nous avons évoqué le rôle de l’île dans la comédie de Marivaux, voyons aujourd’hui l’expérience de l’île proposée un auteur anglais du 18ème siècle dont les œuvres ont été trop vite classées d’enfantines : Jonathan Swift.

Dans les deux premiers récits du docteur Gulliver, l’auteur choisit de placer son personnage dans différentes dimensions. Intéressons–nous aujourd’hui  à son premier voyage premier. Le cadre de la narration a lieu dans une île particulière : une île de l’infiniment petit. Naufragé, Gulliver se trouve alors face à face avec de petites créatures humaines. Il va devoir se faire accepter d’eux…

***

« Enfin, étant près de m’abandonner, je trouvai pied dans l’eau, et alors la tempête était bien diminuée. Comme la pente était presque insensible, je marchai une demi-lieue dans la mer avant que j’eusse pris terre. Je fis environ un quart de lieue sans découvrir aucune maison ni aucun vestige d’habitants, quoique ce pays fût très peuplé. La fatigue, la chaleur et une demi-pinte d’eau-de-vie que j’avais bue en abandonnant le vaisseau, tout cela m’excita à dormir. Je me couchai sur l’herbe, qui était très fine, où je fus bientôt enseveli dans un profond sommeil, qui dura neuf heures. Au bout de ce temps-là, m’étant éveillé, j’essayai de me lever ; mais ce fut en vain. Je m’étais couché sur le dos ; je trouvai mes bras et mes jambes attachés à la terre de l’un et de l’autre côté, et mes cheveux attachés de la même manière. Je trouvai même plusieurs ligatures très minces qui entouraient mon corps, depuis mes aisselles jusqu’à mes cuisses. Je ne pouvais que regarder en haut ; le soleil commençait à être fort chaud, et sa grande clarté blessait mes yeux. J’entendis un bruit confus autour de moi, mais, dans la posture où j’étais, je ne pouvais rien voir que le soleil. Bientôt je sentis remuer quelque chose sur ma jambe gauche, et cette chose, avançant doucement sur ma poitrine, monter presque jusqu’à mon menton. Quel fut mon étonnement lorsque j’aperçus une petite figure de créature humaine haute tout au plus de trois pouces, un arc et une flèche à la main, avec un carquois sur le dos ! J’en vis en même temps au moins quarante autres de la même espèce. »

Voyage à Lilliput, Swift

http://fr.wikisource.org/wiki/Les_Voyages_de_Gulliver_:_Voyage_%C3%A0_Lilliput 

Repères à suivre :  Bernardin de Saint-Pierre

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