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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

La contrainte exercée sur une captive (Andromaque, Racine)

 

la contrainte exercée sur une captive (Andromaque)

(masque d'Agamemnon, Musée archéologique national d'Athènes)

 

Repères : thème du Mouvement : l'étude

 

La passion de Pyrrhus

Après avoir présenté les deux couples aux passions contrariées et le sort impitoyable réservé au jeune fils d'Andromaque- la captive, découvrons l'étendue de la passion de Pyrrhus.

Profitant de la situation, ce dernier renouvelle sa proposition de mariage auprès d'Andromaque. Par amour pour elle dans un sentiment non dénué -à ce stade de la pièce- de sublime, il est prêt à combattre son propre camp et prend même le risque de voir s'embraser une seconde guerre de Troie :

« Pyrrhus

 Madame, mes refus ont prévenu vos larmes.
Tous les Grecs m’ont déjà menacé de leurs armes,
Mais dussent-ils encore, en repassant les eaux,
Demander votre fils avec mille vaisseaux,
Coûtât-il tout le sang qu’Hélène a fait répandre,
Dussé-je après dix ans voir mon palais en cendre,

Je ne balance point, je vole à son secours.
Je défendrai sa vie aux dépens de mes jours.

Mais parmi ces périls où je cours pour vous plaire,
Me refuserez-vous un regard moins sévère ?
Haï de tous les Grecs, pressé de tous côtés,
Me faudra-t-il combattre encor vos cruautés ?

Je vous offre mon bras. Puis-je espérer encore
Que vous accepterez un cœur qui vous adore ?

En combattant pour vous, me sera-t-il permis
De ne vous point compter parmi mes ennemis 
? «  (acte 1, scène II)

 

L'obstination d'Andromaque

Mais obstinée, Andromaque repousse une nouvelle fois cet hymen et voit, résignée, s'abattre la colère du roi, éconduit.

Ce dernier fait volte-face en décidant d'épouser -cette fois- Hermione, ce qui met fin aux difficultés politiques qu'il avait créées de manière bien téméraire. Dès lors, il abandonne le fils et la mère à la vengeance des Grecs. 

Dépitée, Andromaque est prête, un temps, à voir son fils sacrifié, ce qui mettra fin à sa douloureuse vie de captive. La mère et le fils ont donc partie liée. C'est oublier que la passion ne connaît pas de trêve. Rien n'est encore fixé. Un mécanisme de balancier se dérègle si légèrement...

 

Repères à suivre : l'étude : le choix impossible

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Cath 20/04/2011 11:08



Comment s'appelait le fils d'Andromaque ?



Litteratus 20/04/2011 11:17



Il s'appelle toujours... Astyanax.


Qui se souvient des vers mis dans la bouche de Léopold, l'un des personnages de Marcel Aymé dans son roman, Uranus :


"Passez-moi Astyanax, on va filer en douce"



lizagrèce 19/04/2011 21:01



Que veux-tu ce masque fait partie de mon quotidien ... Alors je ne le vois plus à force de trop le voir ...



Litteratus 20/04/2011 11:10



 Chanceuse !



Marc de Metz 19/04/2011 13:39






 


Quelque chose en moi, celui que je suis là, m’empêche de
tirer profit de la lecture de ce texte. J’ai beaucoup de mal, malgré deux lectures à le commenter, alors j’y renonce. J’ai bien moins de mal à te remercier de ces commentaires de toi que je
trouve sous mes mots. Ils me sont précieux. @micalement, Marc de Metz. Bonne journée à toi.  



Litteratus 19/04/2011 19:36



Les mots somptueux de Racine seront toujours là...



lizagrèce 18/04/2011 12:52



Ah! lala ! ces Grecs !!!



Litteratus 19/04/2011 19:39



Eh quoi ! pas un mot sur ce masque attribué à Agamemnon que j'ai mis là pour.. TOI ?


ah ! ces Grecs d'adoption !



flora 18/04/2011 10:24



C'est étonnant comment on peut se battre pour quelqu'un qui vous repousse... Que peut-on espérer obtenir ainsi? Une proie contrariée? Quel plaisir!


Oh, le masque en or magnifique et inoubliable d'Agamemnon!...



Litteratus 18/04/2011 12:50



L'attirance irrésistible pour celui ou celle qui ne vous regarde pas...