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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

Le thème de la passion dans la poésie

Le thème de la passion dans la poésie nous mène à la découverte de à Phillis de Marbœuf et la plainte de Marcelline Desbordes-Valmore, Qu'en avez-vous fait ?

 

Repères: thème de la passion : vers et prose

Deux poésies vous seront proposées, l'une qui compare l'amour à la mer et l'autre qui sous la plume d'une femme prend forme d'une complainte.

Mer

Pierre de Marboeuf, poète du 17ème siècle, a eu l'idée ingénieuse de comparer la passion amoureuse pleine de tourments à la mer capricieuse : la beauté du sentiment et le grand large ne doivent pas faire oublier le péril qu'ils font courir...


A Philis

Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage,
Et la mer est amère et l'amour est amer,
L'on s'abîme en amour aussi bien qu'en la mer,
Car la mer et l'amour ne sont point sans orage.

Celui qui craint les eaux, qu'il demeure au rivage,
Celui qui craint les maux qu'on souffre pour aimer,
Qu'il ne se laisse pas à l'amour enflammer,

Et tous deux ils seront sans hasard de naufrage.

La mère de l'amour eut la mer pour berceau,
Le feu sort de l'amour, sa mère sort de l'eau,
Mais l'eau contre ce feu ne peut fournir des armes.

Si l'eau pouvait éteindre un brasier amoureux,
Ton amour qui me brûle est si fort douloureux,
Que j'eusse éteint son feu de la mer de mes larmes.

               Pierre de Marbeuf (1596-1645)

La plainte d'une amante délaissée...

Qu'en avez-vous fait?


Vous aviez mon coeur
Moi, j'avais le vôtre :
Un coeur pour un coeur,
Bonheur pour bonheur !

Le vôtre est rendu,
Je n'en ai plus d'autre ;
Le vôtre est rendu,
Le mien est perdu !

La feuille et la fleur
Et le fruit lui-même,
La feuille et la fleur,
L'encens, la couleur,


Qu'en avez-vous fait,
Mon maître suprême ?
Qu'en avez-vous fait,
De ce doux bienfait ?


Comme un pauvre enfant
Quitté par sa mère,
Comme un pauvre enfant
Que rien ne défend,

Vous me laissez là
Dans ma vie amère,

Vous me laissez là,
Et Dieu voit cela !

Savez-vous qu'un jour
L'homme est seul au monde ?
Savez-vous qu'un jour
Il revoit l'Amour ?

Vous appellerez,
Sans qu'on vous réponde
Vous appellerez,
Et vous songerez!…

Vous viendrez rêvant
Sonner à ma porte,

Ami comme avant,
Vous viendrez rêvant,

Et l'on vous dira :
« Personne !… elle est morte. »
On vous le dira,
Mais, qui vous plaindra ?

Marceline DESBORDES-VALMORE, Élégies (1825)

Repères à suivre: Bibliographie 

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lyly 17/01/2010 10:48


Je suis bien moins sensible à ces deux poèmes,

curieux d'ailleurs car l'écriture est fort belle

mais ne résonne pas du tout en moi,

... du moins aujourd'hui car tout cela est bien variable


LITTERATUS 17/01/2010 12:36


C'est bien subjectif en effet ! c'est l'art de la poésie de nous parler à chacun d'entre nous.


lizagrèce 01/10/2009 14:29


Facile je ne sais pas ! On va dire classique ! Car souvent il révèle une réelle douleur de la prt de cleui ou celle qui est quitté(e)


LITTERATUS 01/10/2009 14:42


c'est certain !


lizagrèce 29/09/2009 19:23


Ah! le chantage au suicide! ... Comme elle en parle bien Marceline ...


LITTERATUS 01/10/2009 12:34


Tout à fait d'accord ! c'est l'arme de celui ou de celle qui est abandonné(e)... un peu facile, je te l'accorde !


La mansardienne 29/09/2009 13:27


En lisant "Qu'en avez-vous fait" je pensais aux "séparés" de Marceline DV. Et pour cause c'est le même auteur! Comme quoi le style...


LITTERATUS 01/10/2009 12:33


Bravo encore une fois pour ta vaste culture. Marceline est tompbée dans un oubli profond... Telle la belle au bois dormant, elle va sûrement revenir en cour...la relire, c'est un peu la
réanimer !