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Thème du mois de février 2012 : le ciel
Calendrier des articles du mois de février 2012 :
du 1er au 2 février 2012 : éditorial et sommaire,
du 3 au 15 février 2012 : le mouvement des astres
du 16 au 25 février 2012 : l'étude -synthèse- bibliographie,
du 26 au 29 février 2012 : quiz / proverbes et citations
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La Gazette vous propose ce mois-ci de redécouvrir des poésies très
connues célébrant la jeunesse...perdue.
Mais c'est avec délices que l'on peut aussi découvrir l'esprit et la brillance de Shakespeare déroulant les différents âges de la vie.
Sur la mort de Marie
Comme on voit sur la branche au mois de Mai la rose
En sa belle jeunesse, en sa première fleur
Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,
Quand l’Aube de ses pleurs au point du jour l’arrose :
La grâce dans sa feuille, et l’amour se repose,
Embaumant les jardins et les arbres d’odeur :
Mais battue ou de pluie, ou d’excessive ardeur,
Languissante elle meurt feuille à feuille déclose :
Ainsi en ta première et jeune nouveauté,
Quand la terre et le ciel honoraient ta beauté,
La Parque t’a tuée, et cendre tu reposes.
Pour obsèques reçois mes larmes et mes pleurs,
Ce vase plein de lait, ce panier plein de fleurs,
Afin que vif, et mort, ton corps ne soit que roses.
Ronsard
(poème publié en 1578)

Le dormeur du val
C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
Rimbaud (1854-1891)

Les âges de la vie
Le monde entier est un théâtre,
et les hommes et les femmes ne sont que des acteurs ;
ils ont leurs entrées et leurs sorties.
Un homme, dans le cours de sa vie, joue différents rôles ;
et les actes de la pièce sont les sept âges.
Dans le premier, c'est l'enfant,
vagissant, bavant dans les bras de sa nourrice.
Ensuite l'écolier, toujours en pleurs,
avec son frais visage du matin et son petit sac,
rampe, comme le limaçon, à contre-coeur jusqu'à l'école.
Puis vient l'amoureux, qui soupire comme une fournaise
et chante une ballade plaintive qu'il a adressée au sourcil de sa maîtresse.
Puis le soldat, prodigue de jurements étranges et barbu comme le léopard.
Chaque profession avait jadis une forme de barbe particulière.
La barbe du juge différait de celle du soldat,
jaloux sur le point d'honneur,
emporté, toujours prêt à se quereller,
cherchant la renommée, cette bulle de savon,
jusque dans la bouche du canon.
Après lui, c'est le juge au ventre arrondi,
garni d'un bon chapon, l'oeil sévère, la barbe taillée d'une forme grave ;
il abonde en vieilles sentences, en maximes vulgaires ;
et c'est ainsi qu'il joue son rôle.
Le sixième âge offre un maigre Pantalon.
en pantoufles, avec des lunettes sur le nez et une poche de côté :
les bas bien conservés de sa jeunesse
se trouvent maintenant beaucoup trop vastes pour sa jambe ratatinée ;
sa voix, jadis forte et mâle, revient au fausset de l'enfance,
et ne fait plus que siffler d'un ton aigre et grêle.
Enfin le septième et dernier âge vient unir cette histoire pleine d'étranges événements ;
c'est la seconde enfance, état d'oubli profond
où l'homme se trouve sans dents, sans yeux, sans goût, sans rien.
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