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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

Plan d’un commentaire linéaire du monologue d’Argan dans « Le Malade imaginaire » (Molière)

 

La problématique à laquelle on peut se confronter est celle de savoir en quoi le monologue d’Argan, loin d’être une scène d’exposition classique, dresse le portrait original d’un être décrit par sa seule maladie. Pour y répondre, un plan linéaire en trois parties vous est proposé.

 

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Repères : malade imaginaire : étude

 

Dans l’article précédent, nous avons analysé de manière précise le monologue d’Argan en suivant la méthode des 6 GROSSES CLEFS ©, aujourd’hui, il vous sera proposé le plan d’un commentaire linéaire, applicable à l’oral.

 

Nous lisons cette pièce en entier avec la problématique suivante : comment Molière entreprend-il, par le spectacle et la comédie, de corriger les mœurs dans Le Malade imaginaire ?

 

S’agissant de la problématique propre à cette scène, il est possible de se demander en quoi le monologue d’Argan, loin d’être une scène d’exposition classique, dresse le portrait original d’un être décrit par sa seule maladie.

 

Commentaire linéaire

Après avoir fait une introduction, proposé la problématique, puis annoncé du plan qui correspond au découpage du texte suivant : voici donc le plan détaillé qui reprend les éléments coloriés précédemment :

 

Aucune caractéristique d’une scène d’exposition :

Aucune information sur l’intrigue. Uniquement sur le malade dont la présentation résulte de l’examen des factures d’apothicaire.

 

 Examen des factures de l’apothicaire

  • Argan analyse et comptabilise les factures du pharmacien. C’est la vue qui domine cette partie de texte. Sûr de lui, il lit des suites de traitements, lesquels sont exprimés par des phrases non verbales. "Les entrailles de Monsieur, trente sols". Les traitements sont définis par des adjectifs qualificatifs qui se veulent savants alors qu’ils n’ont pas toujours de sens : « un petit clystère insinuatif, préparatif, et rémollient». Temps au présent « ce qui me plait, de Monsieur Fleurant mon apothicaire, c’est que ses parties sont toujours civiles » Il emploie aussi le présent de vérité générale pour dissimuler sa pingrerie.
  • Le monologue repose sur une longue suite de calcul : le malade fait des additions de traitements sans jamais nommer la maladie. Organes concernés : foie, sang, digestion, détails scatologiques. Beaucoup d’énumération d’adjectifs épithètes qui sont soit opposés, soit redondants, soit sans rapport avec la maladie. Énumérations de verbes destinées à expliquer les effets recherchés jamais atteints. On relève l’emploi ironique de « bon » à plusieurs reprises,
  • Création d’un dialogue imaginaire : ce qui n’est pas banal pour un monologue qui s’installe avec le pharmacien. Refus du paiement et négociations en proposant à quatre reprises un rabais. Temps au passé nécessaire à la remémoration des traitements.
  • satire de la médecine : l’exagération des traitements est la source du ridicule de la médecine et du ridicule du malade. Opposition entre les traitements par voie orale et par voie rectale,  les breuvages sont alternés ou combinés sans logique. Trois sens : toucher, goût, odorat. Deux champs lexicaux, celui du corps et de la médecine. Ainsi le corps ne devient plus qu’un sol, qu’une chose dont l’art ménager serait le remède. Le malade a perdu son statut d’humain, il est chosifié. Animalité de la maladie « pour expulser et évacuer la bile de Monsieur », comme un animal que l’on voudrait faire déguerpir, « pour chasser les vents de Monsieur ». Registre comique.
  • Conclusion paradoxale des calculs : calcul erroné : on compte 8 potions et 4 lavements au total .Argan s’aperçoit à son désespoir qu’il a moins été soigné : c’est aussi le temps de solder les comptes et c’est le futur qui est employé « Je le dirai à Monsieur Purgon. »

 

Angoisse existentielle d’Argan

  •  D’ailleurs, cette conclusion entraîne une rupture nette dans le monologue. l’opposition entre le malade « je » avec le reste de la maisonnée : « ils ».
  • Opposition entre le malade et la cloche.  Comique de geste avec la sonnette. « Drelin, drelin, drelin ». La scène se termine par l’ouïe qui sert à montrer toute l’angoisse du malade.
  •  Gradation : à la maîtrise certaine d’un homme tatillon « il faut être aussi raisonnable » qui devient un malade sourcilleux « Mettez trois livres », au malade mécontent « Je le dirai à Monsieur Purgon », à l’homme angoissé « toujours seul » et enfin au quasi-mourant, « mourir ». Il passe de la plainte à la colère « on me laisse toujours seul » à « j’enrage. »
  • Opposition entre la solitude et mourir à la fin du monologue, ce qui nous met sur la voie de maladie réelle du malade. « un pauvre malade tout seul …ils me laisseront ici mourir.  Registre pathétique. Corriger les mœurs par le rire.

 

Dans l’article suivant, un autre plan vous sera proposé, un plan pour un commentaire composé.

 

Repère à suivre : plan d’un commentaire composé du monologue d’Argan.

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