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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

La structure générale du Rouge et le Noir de Stendhal

 

Bac 2020 : Le Rouge et le Noir de Stendhal se décompose en deux parties qui se répondent par un savant jeu de miroirs.

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Repères : thème du héros stendhalien : présentation

 

Dans l’article précédent, nous avons rappelé l’origine du roman avant d’aborder l’explication du titre de l’œuvre. Il est temps de présenter la structure de cette œuvre en deux parties. On compte ainsi 30 chapitres dans la première et 45 dans la seconde.

 

Références littéraires

Pour sacrifier à la mode de l’époque, chaque chapitre (sauf les quatre derniers de la 2e partie) comporte une épigraphe. Ces citations qui sont extraites d’œuvres diverses (Beaumarchais, Machiavel, Ronsard, Byron, Shakespeare etc…) placent le roman sous les auspices de la littérature. Ces références ne sont pas limitées aux têtes de chapitre, le roman lui-même est truffé de références explicites (Tartuffe et Dom Juan de Molière, Phèdre de Racine, La fable du curé et du mort de La Fontaine). Ainsi, on entre aussi dans le domaine de l’intertextualité que nous avions étudiée en son temps.

 

En un mot, il s’agit des influences qui ont nourri une œuvre. Justement Stendhal a fait le choix de références implicites au travers de très nombreuses lettres écrites dans ce roman (vraie ou fausse lettre anonyme, correspondance signée, lettre diplomatique, lettre de dénonciation, lettre de démission). On s’écrit beaucoup dans ce roman. Il s’agit d’une parodie du roman épistolaire du XVIIIe siècle Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos. On peut aussi voir dans ce roman des clins d’œil à la Nouvelle Héloïse de Rousseau (rencontre de Julien et de madame de Rênal), à Don Quichotte de Cervantes (héros fou de lecture).

 

Oppositions

Le roman se décompose en deux parties qui s’opposent. Ainsi sont-elles placées sous les auspices de deux femmes distinctes. La première concerne la rencontre de la douce Madame de Rênal, la seconde de la fière Mathilde de La Mole. On peut aussi voir dans ces deux parties l’antithèse entre les mœurs de province et la vie parisienne. Il est également permis d’assister au début de l’ascension sociale du fils de charpentier en précepteur, puis en séminariste (partie 1) avant d’assister à son acmé par l’anoblissement en sa qualité de futur gendre du marquis de La Mole avant sa chute brutale.

 

L’étude approfondie permet de considérer que ces deux parties, loin de s’opposer, se répondent.

 

Jeu de miroirs

Dans le détail, il s’avère que les deux parties se réfléchissent. Le maillage se fait très serré. On y voit un parfait jeu de miroirs dans lesquels les situations et les personnages se reflètent. Bon nombre de passages s’annoncent ou se répondent. Par exemple, on peut noter les passages suivants :

 

Ainsi la scène de l’église de Verrières (livre 1, chapitre 5) est-elle prémonitoire de l’exécution de Julien (livre 2, chapitre 45). On peut aussi relever l’ombre vaguement esquissée du marquis de La Mole dans la 1e partie (livre 1, chapitres 3, 18) qui devient pleinement incarnée dans toute la seconde partie. On peut encore comparer la scène où madame de Rênal se coupe une mèche de cheveux (livre 1, chapitre 23) avec une scène similaire jouée par Mathilde de La Mole (livre 2, chapitre 19).

L’ennui qui transpire dans la vie de madame de Rênal (livre 1, chapitre 6) correspond également à l’ennui de Mathilde et de la maréchale de Fervaques (livre 2, chapitre 29). Le livre place deux face-à-face importants entre le père et le fils (partie 1, chapitre IV) et (partie 2, chapitre 44). Les scènes de jalousie entre les deux femmes se répondent, celle de Madame de Rênal pour Élisa faisant le pendant avec les sentiments similaires éprouvés par Mathilde à la fin du roman. D’ailleurs, la prison de Julien joue à l’envers le rôle de la chambre dans laquelle il allait rencontrer les deux femmes.

 

Au sein même de la seconde partie, on trouve encore des effets de miroirs notamment avec le récit l’attitude de Marguerite de Navarre lors de la mort de Boniface de La Mole, préfigurant la scène finale de le tête de Julien avec Mathilde (livre 2, chapitre 45).

 

Dans un prochain article, nous aborderons le contexte institutionnel inscrit au cœur de ce roman.

 

Repère à suivre : contexte institutionnel des années 1830

 

 

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