Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

Principaux éléments de l'acte V scène 3 du mariage de Figaro (Beaumarchais)

 

Bac de français 2020 : il vous est proposé de découvrir la lecture analytique du célèbre monologue de l’Acte V, scène 3 du mariage de Figaro de Beaumarchais.

 

monologue, Figaro, Beaumarchais, analyse, éléments, acte 5, scène 3

 

Repères :  comédie du valet : étude

 

Dans l’article précédent, nous avons lu le célèbre monologue de Figaro dans l’acte V, scène 3 du mariage de Figaro, en tenant compte de la méthode des 6 GROSSES CLEFS ©

 

Grammaire

Le monologue décrit le déchirement d’un homme qui se croit trompé par son amante et blessé par la société. La ponctuation est remarquable à cet égard. On relève un enchaînement de points d’exclamation, c’est-à-dire de cris du cœur et de points de suspension, de méditations au fil de l’eau et qui ne sont pas toutes abouties. Le héros converse avec lui-même dans l’instant : il utilise de manière fautive des conjonctions de subordination en tête de phrase « parce que » « après » « comme ». Son discours est truffé de connecteurs de temps « à l’instant », « voilà » « pour le coup » « enfin », « voici » donnant du mouvement à son récit. Les tournures impersonnelles « on » «il a fallu » désignent l’autorité, mais également les contemporains jaloux de Figaro. Le jeu de scène dans les didascalies (s’asseoir, se lever, s’asseoir) met en évidence les tourments d’un homme qui se prend -debout- à invectiver des absents, le comte ou le monde, et à se laisser choir lorsqu’il est porté par ses propres questionnements.

 

Oppositions

Ce monologue est très clivant. C’est un véritable plaidoyer d’un homme en sa propre faveur et contre le monde entier qu’il accuse d’avoir entravé son ascension sociale. C’est pourquoi de nombreuses oppositions gravitent graduellement au fil des lignes. Au début, l’opposition de Figaro s’effectue contre des personnes dénommées, Suzanne ou le comte (L.1,L4,L6 L11). Opposition majeure entre le maître et le valet, (naître/travailler). Puis au fil du discours, on mesure que le valet s’oppose à des entités moins définies, telles que la « Femme », avec une majuscule pour incarner l’archétype du genre et la « femme », celle ordinaire (L. 1), c’est-à-dire la sienne/ la comtesse. On peut aussi voir qu’il s’oppose à « un de ces puissants » dont il se vengerait bien. Mais Figaro lutte finalement contre tous contemporains « Mille pauvres diables», « chacun », « bonnes gens ». Mais c’est aussi contre le monde entier que sa colère se fixe, Madrid/ Turquie et le bassin méditerranéen. Ses imprécations mettent en avant ses vertus qui s’opposent aux défauts des hommes. « Honnêteté »/ « bandits » « voler ». On retrouve la distinction entre Madrid, lieu de perdition et Séville, siège de la tranquillité. C’est que dans cette dernière ville, il a renoncé à ses ambitions littéraires (comédie/traité/journal) du fait de la censure (censeurs/librement). On entre dans le registre pathétique. Il faut noter que les dernières oppositions concernent Figaro et lui-même, perdu et totalement désabusé dans son questionnement métaphysique. Il est tout et son contraire « maître » et « valet », « laborieux » et « paresseux ».

 

Sens

C’est la vue qui transparaît dans le texte, « noire », « obscure », « lire », « reconnaître ». Ce monologue est rendu possible par la nuit noire. Cette obscurité traduit le trouble dans lequel il se trouve. Il croit voir Suzanne (L.14), mais il se trompe. La nuit évoque le doute dans lequel Figaro se situe au propre et au figuré.

 

Conjugaison

L’alternance des temps rythme le texte dans un enchaînement d’actions, ce qui donne au récit son caractère enlevé. On trouve le présent de narration, mais aussi de vérité générale. Figaro fait de manière fictive la leçon au monde entier. Il recourt aussi au mode conditionnel, celui des conjectures et aussi au subjonctif, mode de la réflexion.

 

Le champ lexical

Sous les apparences d’un homme gai et spirituel, Figaro se révèle aussi comme un être tourmenté et profond qui s’interroge sur la véritable nature des humains. On trouve le champ lexical de l’animalité qui apparaît au début du monologue et également à la toute fin, « créature » « bête » « animal ». Le souci constant de sa vie a été la privation de toute réussite qui n’est pas due à l’absence de talent, mais à l’injustice des hommes. Pour cela, il explique par le menu détail les entraves à ses initiatives. Le champ lexical du métier apparaît clairement au travers de l’énumération impressionnante de ses emplois, de ses tracas que de ses soucis d’argent. Ruiné, il a repris son travail de barbier où il connaît enfin la paix. L’activisme consiste pour Figaro à se débattre contre l’injustice et le désespoir, « trompé », « malheur » « périr » « désabusé » « tourments ».

 

Figures de style

Beaumarchais recourt aux énumérations donnant un rythme particulier, ternaire (L1, L.94 ). C’est souvent lyrique, mais c’est aussi un moyen pour lui de se convaincre lui-même. Les exagérations sont également le moyen pour Figaro de recouvrer sa dignité d’homme (L13). Tout le monologue comprend des métaphores « tailler la plume » pour écrire, la vie est une « route, « un chemin ». Dans sa démonstration, il joue sur les périphrases « retraite économique », c’est-à-dire, la prison. On assiste ainsi à une gradation à la fin de la scène entre la chose, l’animal et l’homme (L.87 à L.90).

 

Après l’étude, découvrons la mise en scène de ce monologue d’anthologie.

 

Dans le prochain article, nous élaborerons un plan pour répondre à notre problématique relative à la comédie du valet.

 

Repère à suivre : plan du monologue de Figaro (acte V, scène 3)

 

 

 

 

Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article