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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

Enserrement du silence par le langage

 

Comment évoquer une écriture qui rend compte du silence puisqu’en en parlant, on le fait disparaître ?

 

 

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 Repères : thème du silence : étude : forme de langage

 

Dans l’article précédent, il a été question de Mallarmé et de sa poésie, il convient aujourd’hui de voir comment le silence est enserré dans l’écriture. Il faut dans un premier temps s’étonner du paradoxe avant de comprendre la finalité de cette écriture notamment chez Le Clezio.

 

Paradoxe

Comment le langage peut-il enserrer le silence ? Cette proposition est en effet contradictoire. Par définition, le langage rompt le silence. C’est au regard de ce paradoxe que plusieurs auteurs sont partis en quête. Nous nous intéresserons à un romancier français célèbre du XXe siècle dont l’œuvre tourne autour de cette question. C’est Jean-Marie Gustave Le Clézio.

 

Le Clézio

Dans l’œuvre de JMG Le Clézio, le silence habite un plat pays, un désert où le narrateur chemine. Il s’agit pour ce dernier de rendre compte d’une origine, d’un langage primordial. Et pour cela, on assiste à une remontée dans le temps, du bruit de la civilisation, vide, au bruit du silence, de la nature. C’est ainsi que l’on est invité à « un jaillissement des maintenant libérés » (page 167)

 

Dans Désert, roman publié en 1980, on retrouve cette quête du silence au travers de deux récits qui coexistent, l’un concerne la guerre coloniale menée par les Français contre les tribus du désert, « les hommes bleus », l’autre a trait à la fuite dans le désert d’une jeune fille. L’excipit de ce roman évoque le retour vers ce silence :

« Tournés vers le désert, ils faisaient leur prière sans parole. Ils s’en allaient, comme dans un rêve, ils disparaissaient. » (page 439)  

 

Il vous est proposé de découvrir une rare interview de cet auteur, tout en pudeur, qui évoque justement cette œuvre.

 

Dans les articles qui vont suivre, nous allons aborder la question de l’écriture au risque du silence.

 

Sources : 

Jacqueline Michel, une mise en récit du silence, Corti 1986

JMG Le Clézio, Désert, folio

 

Repère à suivre : l’écriture au risque du silence

 

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