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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

Les enjeux de la littérature de faits divers

Quelles sont les raisons et les conséquences d’une littérature fondée sur les faits divers ? Cette question nous renvoie à la vision choisie par la production contemporaine qu’il sera temps d’évoquer.

 

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 Repères : fait divers : étude

 

Dans l’article précédent, il a été question du point de vue adopté par Emmanuel Carrère dans son roman, l’Adversaire. Nous verrons aujourd’hui les enjeux qui se profilent derrière ce type de fiction fondé sur des faits divers.

 

Anti-héros

En choisissant le fait divers, les auteurs tournent clairement le dos à une littérature classique à visée universelle, globalisante. Il n’est plus question de grande fresque ni même de héros, mais au contraire de la singularité d’une vie souvent banale et de(s) protagoniste(s) qui relève(nt) davantage de l’anti-héros. Par ailleurs, la recherche narrative est marquée par le creusement dans les détails et par l’analyse des ressorts psychologiques. Dans cette recherche, on est dans le particulier et on y demeure. C’est une littérature qui est fondée sur une fascination tout autant qu’une révulsion. Elle tente de  révéler aussi l’état d’une société à un moment donné. Elle en dit long à la fois sur les auteurs de l’action que sur la réaction du corps social.

 

Pacte de lecture

Dans son ouvrage, fait divers, François Bon* montre le lien qu’il noue avec son art d’écrire. Il considère que : « si on va dans les eaux troubles, c’est seulement pour s’y pécher soi-même (…) On ne choisit pas une histoire à l’extérieure de soi-même. »  

 

Regis Jauffret** va plus loin dans sa récupération du fait divers. Il dit au sujet de sa fiction,Sévère,publié en 2010, concernant l’affaire du meurtre du banquier Édouard Stern, ce qui suit :

« Dans ce livre, je m’enfonce dans un crime. Je le visite, je le photographie, je le filme, je l’enregistre, je le mixe, je le falsifie. Je suis romancier, je mens comme un menteur. Je ne respecte ni les vivants, ni les morts, ni leur réputation, ni la morale. Surtout pas la morale. »  

Dans l’article suivant, il sera précisément question de la radicalité de ce choix de narration et des difficultés qu’elle peut engendrer notamment sur le plan judiciaire.

 

Sources :  *citation tirée le fait divers et ses fictions,Frédérique Toudoire-Surlapierre, Minuit (2019) page 16

**citation tirée le fait divers et ses fictions,Frédérique Toudoire-Surlapierre, Minuit (2019) page 23

 

Repère à suivre : l’affaire Dsk et la ballade de Rikers Island de Regis Jauffret

 

 

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