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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

La baronne Dudevant et ses enfants

George Sand a éprouvé un attachement très vif pour ses enfants qu'elle élèvera seule à la suite de la séparation judiciaire avec son mari. Elle éprouve une véritable passion pour son fils, Maurice et un attachement pour sa fille, Solange, qui la fera beaucoup souffrir.

 

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Repères :  George Sand : vie de famille

 

Dans l’article précédent, nous avons vu le couple atypique qu’elle a formé avec Casimir Dudevant avant d’aborder la séparation judiciaire qu’elle a initiée et gagnée en 1836. C’est une femme qui a agi en considération de sa personne et de ses enfants, Maurice et Solange auxquels elle est très attachée.

 

Maurice

Né en 1823, son fils constitue la source d’une passion absolue. Elle n’a pas assez de mots pour lui témoigner son amour démesuré. Il est à elle, il est elle. La confusion est de mise entre ces deux êtres-là. Ses nombreuses lettres en témoignent comme celle où Maurice âgé de 26 ans, illustrateur, (qui sera un auteur lui aussi reconnu notamment dans le théâtre des marionnettes ainsi qu’un entomologiste) est sommé de rentrer à Nohant pour préserver sa vie. 


À MAURICE SAND, À PARIS

 

Nohant, 12 juin 1849.

 

Ah ! mon cher enfant, tu devrais bien revenir ! Ce choléra m’épouvante, et tu as beau avoir payé ton tribut en douceur, tu respires un air empesté, et tu peux retomber malade. D’ailleurs, nous sommes toujours sous le coup d’un branle-bas général. Ces affaires d’Italie sont plus graves que tout ce qui s’est passé. Je ne vis pas tant que tu seras à Paris dans cette funeste saison. Dans toutes les lettres qu’on m’écrit de Paris, on me dit que je devrais te faire revenir, qu’il meurt douze cents personnes par jour, et cela sur documents officiels que le Moniteur et les journaux ne publient pas. Je ne sais pas te contrarier, ni rien exiger de toi, mais tu devrais bien toi-même mettre un terme à mes angoisses.

Qu’est-ce que le plaisir de voir l’Exposition au prix de ce que tu risques et me fais risquer ; car tu sais bien que ta vie est la mienne, et que je ne te survivrais pas.

Nous avons eu fort peu d’orages ; il paraît qu’il y en a eu un terrible à Paris. Il a dû pleuvoir des cheminées, et puis les sergents de ville assomment les étudiants et les jeunes gens de vos quartiers. Quelles mauvaises circonstances pour être loin les uns des autres ! Reviens donc dans ton nid, et attends de meilleurs jours pour aller travailler au Musée ; car ce n’est pas dans ce moment-ci que tu pourrais y faire un travail soutenu et utile. La réponse de ton père te parviendra aussi bien ici.(…)

Bonsoir, cher petit Bouli. Je suis presque guérie. N’en déplaise à ton ordonnance, plus je reste dans l’eau, mieux je m’en trouve ; chacun a son tempérament. Moi, j’ai un peu de celui des poissons ou des grenouilles. Nous étions dans l’eau l’autre jour pendant l’orage. Il pleuvait à verse ; mais la rivière était tiède, presque chaude, et c’est bien décidément un proverbe très sage, et non un paradoxe, que Gribouille se jetant dans l’eau de peur de la pluie.

Reviens donc ! il fait si bon ici, et tu es si mal là-bas !J’en souffre dans tes os et je ne jouis de rien sans toi.Pôtu part décidément jeudi ; sa sœur va mieux, mais sa famille veut absolument voir cette masse de graisse. Je ne pourrai travailler que quand tu seras là. Je n’ai le cœur à rien sans toi.Je t’embrasse mille fois. »

https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_1812-1876,_3/1849/CCXCVIII

Solange

Les relations de l’auteure avec Solange, née en 1828, s’avèrent compliquées lorsqu’elles ne sont pas source d’incompréhension ou de chagrin. De nombreuses querelles et brouilles émaillent leurs rapports à partir du mariage de Solange avec un artiste, Auguste Clésinger. La perte tragique de Jeanne alias Nini, sa petite-fille, les réunit pourtant dans une douleur commune. Après la séparation judiciaire de Solange, George Sand voit d’un mauvais œil sa fille dépendre économiquement des hommes. Les termes sont éminemment durs…

« (…) Je ne sais rien de ta véritable vie et ne veux pas savoir, puisque tes explications aboutissent toujours pour moi à une désapprobation dont tu te fâches et que tu as l’air de ne pas comprendre. Je croyais mettre dix fois bien expliquée sur ce que je croyais permis dans ta situation, et non permis dans quelque situation que ce soit. (…)

Mais nous avons deux points de vue si différents, que tu m’as donné auprès de toi, dès le commencement de ta vie, le rôle de l’impuissance, la responsabilité sans l’autorité, situation impossible ! (…) »

Lettre du 16 juin 1858

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k29701t/f231.item.r=solange%20clesinger

 

Il reste que Solange qui se cherche du talent en tant qu’auteur ne peut rivaliser dans le cœur de George avec l’affection passionnée qu’elle porte exclusivement à son frère.  Sa mère ne l’autorisera jamais à utiliser son pseudonyme alors qu’elle permet à Maurice, à le porter…

 

Dans l’article suivant, nous verrons la nature des premiers textes écrits par Aurore Dupin…

 

Repère à suivre : les premiers écrits d’Aurore Dupin


 

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