Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

Le commentaire en français : la conjugaison

La Méthode Des GROSSES CLEFS © permet de comprendre finement un sujet de commentaire littéraire. Après la grammaire, les oppositions, et les cinq sens, il faut étudier dans le détail la question de la conjugaison.

commentaire, français, méthode, 6 grosses clefs, conjugaison, facile

 

 

repère : thème des examens : le commentaire

Méthode

Nous avons présenté la Méthode Des GROSSES CLEFS ©. Il s’agit de prendre le texte sous six angles à l'aide d'un moyen mnémotechnique : après la grammaire, les oppositions, les cinq sens, nous nous intéresserons aujourd'hui à la conjugaison.

       6           GROSSES                                      CLEFS

 

Gr : grammaire                               C : Conjugaison

OS : oppositions                            le : champ lexical 

SE : les 5 sens                            FS : figures de style

Les notions de conjugaison peuvent vous paraître lointaines ou ennuyeuses. Il s'agit pour l'exercice de comprendre quel est le temps employé et d'en comprendre la raison. On rappellera quelques règles de base à savoir qu'il existe 4 modes qui vous sont présentés brièvement.

Modes

Rappelons sous forme de tableau les 4 modes de conjugaison qui se distinguent des temps. Comment comprendre la différence ? Prenez une boite de rangement (l'indicatif, le subjonctif, le conditionnel et l'impératif) et dans chacune d'elles vous placez des... temps (présent, futur, passé).

l'indicatif

Il donne des indications

ex: il pleut, je vois...

 

4 temps simples (présent, imparfait, futur, passé simple)

ex: j'aime

4 temps composés : être/avoir au temps simple du présent, imparfait, futur, passé simple (+)participe passé

 

ex: nous avions fini

Cela donne du passé composé, du plus-que-parfait, du futur antérieur et du passé antérieur.

 

le subjonctif

C'est le temps de la pensée.

ex : je ne crois pas qu'il vienne.

 

Il permet d'exprimer un souhait, un doute, un jugement, un commandement...

Il est introduit par une proposition à l'indicatif suivi d'une conjonction de subordination qui introduit le subjonctif

ex : Je crains qu'il pleuve...

Il existe le subjonctif présent et imparfait.

 

le conditionnel

c'est le temps de l'hypothèse.

ex : Si je pars à l'heure, je pourrais te retrouver à la gare.

Il est introduit par une conjonction de subordination si qui est à l'indicatif, suivi d'une proposition principale au conditionnel (formation comme le futur avec les terminaison de l'imparfait)

 

l'impératif

C'est le temps de l'ordre et du conseil ;

C'est un temps sans pronom personnel :

ex : range ta chambre !

 

Application

Il est possible de rechercher dans le texte de Ronsard, que nous étudions sous différents aspects, les enjeux de la conjugaison. On souligne ainsi en vert les verbes conjugués.  On peut relever que les verbes sont à l'actif à l'exception du deuxième quatrain. On note en effet que l'action est subie par la fleur par l'emploi de participes passés (battue, déclose). Cette même idée est traduite avec l'emploi de l'actif, "la Parque t'a tuée" On s'aperçoit ainsi que le présent de l'indicatif des deux quatrains ouvre à une variation de modes et de temps aux tercets suivants. Imparfait, passé composé, présent de l'indicatif (premier tercet) puis impératif et subjonctif au dernier tercet.

Ce n'est pas par hasard que le poète emploie successivement ces modes et ces temps. Il cherche, en effet, à mettre en évidence la fuite du temps présent/passé (indicatif) et les effets symboliques que cela représente (impératif et subjonctif) sur le poète. Si tout meurt un jour, demeurent les vers du poète.

Cela touche ainsi au registre de l'œuvre sur lequel nous reviendrons aussi.

Comme on voit sur la branche au mois de mai la rose,
En sa belle jeunesse, en sa première fleur,
Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,
Quand l’Aube de ses pleurs au point du jour l
'arrose ;

La grâce dans sa feuille, et l’amour se repose,
Embaumant les jardins et les arbres d’odeur;
Mais 
battue, ou de pluie, ou d’excessive ardeur,
Languissante elle
meurt, feuille à feuille déclose.

Ainsi en ta première et jeune nouveauté,
Quand la terre et le ciel 
honoraient ta beauté,
La Parque t’
a tuée, et cendres tu reposes.

Pour obsèques reçois mes larmes et mes pleurs,
Ce vase plein de lait, ce panier plein de fleurs, 
Afin que vif et mort,  ton corps ne
 soit que roses.

Pierre de Ronsard, Amours, 1560

Dans l'article suivant, nous aborderons le champ lexical.

Repère  à suivre : champ lexical

Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

SABORET 28/01/2020 15:27

Globalement j'adhère à cette approche de la méthode du commentaire. Mais dans le premier article sur la grammaire, je pense que le premier quatrain commence par une subordonnée " Comme on voit sur la branche..." et non une principale. ...Cordialement.

Litteratus 28/01/2020 16:11

Vous avez raison ! merci de votre vigilance. Bien à vous...