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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

La grammaire dans le commentaire de français

La grammaire dans le commentaire de français doit être analysée en premier lieu. Il s'agit de trouver les éléments originaux qui méritent d'être soulignés. Pour cela, il faut être précis. Ouvrons la première clef de la  Méthode Des GROSSES CLEFS© avec le poème de Ronsard comme exemple.

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repères : examen : grammaire

Rappel

Dans l'article précédent, on a présenté la méthode suivante pour comprendre un texte.

                    6         GROSSES                                  CLEFS

Gr : grammaire                               C : Conjugaison

OS : oppositions                            le : champ lexical 

SE : les 5 sens                            FS : figures de style

Aujourd'hui, nous intéresserons à la grammaire qui figure en bleu. Nous reprenons le poème de Ronsard.

Application

Nous allons à l'aide de notre crayon bleu chercher les principaux éléments de grammaire qui nous sautent aux yeux. Cela concerne ainsi la ponctuation, les propositions de phrases et évidemment la nature (nom, pronom, adjectif, déterminants, conjonction...) et la fonction des mots (sujet, complément etc...).

Ponctuation/ Propositions

S'agissant de la ponctuation, que remarque-t-on ? La présence de nombreuses virgules ponctuant avec rythme le poème d'autant que les conjonctions de coordinations (et/ou) multiplient l'effet haché recherché. On peut relever les propositions (groupes de phrases) et relever leur nature (indépendante, subordonnée etc...)

Le premier quatrain met en présence une subordonnée "comme on voit...." qui s'ajoute à "Quand l'aube", qui est cette fois une subordonnée circonstancielle de temps. Cette construction revient à nouveau au premier tercet, "Quand la terre et le ciel". On verra que la question du temps revient à plusieurs occasions dans ce poème, car c'est un point important. Dans le dernier tercet, c'est le but qui est mis en valeur pour mettre en valeur le motif de la cérémonie finale, "Afin que vif et mort,"

Comme on voit sur la branche au mois de mai la rose,
En sa belle jeunesse, en sa première fleur,
Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,
Quand l’Aube de ses pleurs au point du jour l'arrose ;

La grâce dans sa feuille, et l’amour se repose,
Embaumant les jardins et les arbres d’odeur;
Mais battue, ou de pluie,
 ou d’excessive ardeur,
Languissante elle meurt, feuille à feuille déclose.

Ainsi en ta première et jeune nouveauté,
Quand la terre et le ciel honoraient ta beauté,
La Parque t’a tuée, et cendres tu reposes.

Pour obsèques reçois mes larmes et mes pleurs,
Ce vase plein de lait, ce panier plein de fleurs
Afin que vif et mort, ton corps ne soit que roses.

Pierre de Ronsard, Amours, 1560

Il convient de s'intéresser maintenant à la nature et la fonction des mots.

Nature et fonction des mots

S'agissant de la nature et de la fonction des mots, que voyez-vous ? Cherchons des noms.

Nous voyons "la rose" "la grâce" 'l'aube", " le ciel", la "terre",  c'est à dire des noms communs tirés de la nature. "ton corps" y figure aussi par extension puisqu'il retourne à la nature par sa mort. Ces noms communs s'opposent à "la Parque" qui est un nom propre, appartenant au registre mythologique ; elle symbolise la mort (fil du mortel coupé par les trois Parques). 

Le poète utilise aussi différents pronoms dans ce poème en premier lieu l'indéfini avec "on". Le poème part ainsi d'une constatation plutôt générale pour finir par un ton intimiste,  avec les pronoms personnels "elle", "tu". Puis au dernier tercet, le pronom personnel est omis avec "reçois" (qui est de l'impératif). Les déterminants possessifs suivent le même mouvement avec "sa", "ses" (2 quatrains) pour trouver un écho d'interpellation personnelle, dans les premier tercet avec "ta" "t"" qui s'achève par "mes" dans le dernier.

On relève aussi les nombreux adjectifs épithètes qui donnent une impression de fraîcheur, "ta première et jeune nouveauté,"vif et mort" etc...

Comme on voit sur la branche au mois de mai la rose,
En sa belle jeunesse, en sa première fleur,
Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,
Quand l’Aube de ses pleurs au point du jour l'arrose ;

La grâce dans sa feuille, et l’amour se repose,
Embaumant les jardins et les arbres d’odeur;
Mais battue, ou de pluie,
 ou 
d’excessive ardeur,
Languissante 
elle meurt, feuille à feuille déclose.

Ainsi en ta première et jeune nouveauté,
Quand
la terre et le ciel honoraient ta beauté,
La Parque t’a tuée, et cendres tu reposes.

Pour obsèques reçois mes larmes et mes pleurs,
Ce vase plein de lait, ce panier plein de fleurs
Afin que
vif et mort, ton corps ne soit que roses.

Vous voyez que grâce à la grammaire, l'on dispose d'éléments utiles pour comprendre ce texte. Il convient d'utiliser la deuxième clef pour entrer plus précisément dans ce poème.

repère à suivre : les oppositions.

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