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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

La revendication morale des révoltes populaires

Le thème du populisme dans la littérature nous conduit aussi à examiner les revendications morales qui sont au soubassement des révoltes populaires.

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 Repères : thème du peuple : étude 

 

Il a été présenté dans l’article précédent la problématique de l’étude, qui se définit comme suit : comment décrire la colère du peuple et les ressorts populistes sous-jacents ?  Nous tenterons d’y répondre au travers de la lecture des deux romans suivants :

 

  • L’Or, de Blaise Cendras, roman publié en 1925
  • La guerre des pauvres, d’Éric Vuillard, récit publié en 2019.

 

Après avoir abordé la question du peuple, le caractère soudain de l’insurrection populaire, le rejet viscéral des structures sociales, et la revendication morale sous-jacente comme ressort du populisme, il est temps de découvrir l’aspect « moral » qui est un élément décisif de la révolte. 

 

Métaphore

Dans l’Or de Cendrars, l’élément moral est au cœur de la revendication populaire. Le bon droit est du côté du peuple en dépit du jugement rendu par le Tribunal. A contrario, le discrédit est jeté sur Suter. Quelques démagogues font merveille pour mobiliser les foules, pour attiser leurs haines. Il suffit d’offrir à boire, d’exciter les habitants, de créer des meetings dans tous les quartiers. L’emploi d’une métaphore sert aussi à fonder l’argumentation populiste. Ainsi, avec une formule bien choisie, le camp du « bien » s’oppose au « mal ». « A cette nouvelle les nouveaux colons installés sur ces terres sont ravis et les habitants des villes et villages font des manifestations aux cris de : « Les loups sont traqués ! Le vieux loup est pris. » (page 133). 

 

Les brebis préfigurent le peuple et le loup représente Suter. Fort de cette métaphore, les habitants de la Californie considèrent qu’ils possèdent alors tous les droits, dont celui de dépouiller le véritable propriétaire…

Dans le récit de Éric Vuillard, l’argument moral est aussi omniprésent.

 

Mensonge

La colère de Müntzer est avant tout morale ; il place la pureté du côté du peuple, et les vices du côté des puissants. Le prédicateur croit en la radicalité de la parole évangélique. « Suivez le Christ ! » (page 47) Rien ne peut pousser de bon dans un monde corrompu. Il recourt à des métaphores éclairantes telles que la faucille et le glaive tirés de l’Ancien Testament. Il faut punir, tuer… L’argument moral opposé est celui de la vérité biblique dont Müntzer se prévaut.  

 

Dès lors, il entreprend de révéler le mensonge des grands, ce « poison »(page 43). L’homme a du charisme. Il parle pour être compris. Sa parole se répand comme une trainée de poudre.

« Et on l’écoute. Et les passions remuent, car ils sentent bien, les tisserands, que si on tire le fil toute la tapisserie va venir, et ils sentent bien, les mineurs, que si on creuse assez loin toute la galerie s’effondre. Alors ils commencent à se dire qu’on leur a menti. » (page 13)

 

Le mensonge des puissants justifie donc la révolte du peuple :

 «Ce sont les seigneurs eux-mêmes qui font que le pauvre homme est leur ennemi. S’ils ne veulent pas supprimer les causes de l’émeute, comment cela pourrait-il s’arranger à la longue ? » (page 46)

 

Dans l’article suivant, nous verrons la question du rôle de l’Histoire dans ces deux romans.

 

 

Repère à suivre : le rôle de l’Histoire

 

 

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