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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

Paris, littérature et les révolutions de 1789 à 1870.

Paris et les révolutions. Aucune ville ne peut se prévaloir d'avoir été autant le lieu faisant naître des aspirations à la liberté. Le peuple se révolte à Paris en 1789, en 1830, en 1848 et en 1870. La littérature qui en a rendu compte en a évidemment extrait de très belles pages.  Retour sur une période historique tourmentée.

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Bailly, salle du Jeu de paume, Versailles

 

Repères : thème de Paris : présentation

 

Dans l’article précédent, nous avons vu le bouillonnement intellectuel de Paris au XVIIIe siècle avec ses salons, clubs et cercles, découvrons aujourd’hui ce que cette propagation d’idées peut comporter : un parfum de révolution. 

 

Révolutions

En moins de cent ans, on compte quatre révolutions ou soulèvements populaires qui  ont pour point commun une même ville. C’est bien, en effet, Paris qui est le théâtre principal de tous ces événements. Pourquoi ? Parce que c’est le lieu où l’on exprime le mieux les aspirations à la liberté.

 

Liberté

Nous verrons que de 1789 à 1870, ce sont les aspirations à la liberté qui gouvernent les passions françaises à Paris. Elles sont pourtant de natures différentes.

 

1789

Si la révolution a bien débuté à Versailles du fait de l’organisation des États généraux, elle s’est bien poursuivie à Paris, en se diffusant dans toutes les provinces.

On vient ainsi de Paris chercher la famille royale à Versailles, le 6 octobre 1789, pour l’installer aux Tuileries.

C’est encore dans la capitale que l’on proclame la chute de la royauté le 21 septembre 1792 par la Convention nationale. C’est aussi sur la place de la Concorde que l’on procède à l’exécution de Louis XVI. Paris devient la capitale d’un régicide qui secouera l’Europe monarchiste.

 

1830

La révolution de juillet à Paris voit le départ de Charles X, le dernier frère de Louis XVI et la fin de la Restauration. Les quatre ordonnances de Juillet mettent, en effet, le feu aux poudres avec la suspension de la liberté de la presse, la dissolution de l’assemblée, la restriction du corps électoral et l’élection d’une nouvelle chambre. Le soulèvement parisien mène au pouvoir le cousin du roi, Louis-Philippe, réputé plus libéral. C’est le temps de la monarchie de Juillet.

 

1848

La monarchie de Juillet s’appuie sur la riche bourgeoisie qui détrône de fait l’aristocratie et le clergé, mais pas au point de partager le pouvoir avec l’ensemble de la population. Des difficultés politiques et sociales éclatent le 22 février 1848.

En trois jours, la population de Paris composée d’ouvriers, d’étudiants et de sympathisants à leur cause se soulève et chasse Louis-Philippe. La deuxième République proclame le suffrage universel (pour les hommes).

Mais en juin 1848, lorsque les Ateliers nationaux, destinés à procurer du travail aux chômeurs, sont fermés, une nouvelle révolte ouvrière gronde à Paris. Elle sera réprimée durement. Le premier président de la République, neveu de l'empereur, Louis-Napoléon Bonaparte, incarne le retour à l'ordre.

Trois ans plus tard, il renverse ce régime par un coup d'État. Ce sera alors le temps du Second Empire.

 
1870

Après la guerre contre la Prusse et l’arrestation de l’empereur Napoléon III à Sedan, le Second Empire s’effondre. La IIIe république est proclamée par Gambetta le 4 septembre 1870. En mars 1871, un soulèvement ouvrier a lieu à Paris. Une Commune insurrectionnelle est proclamée contre le gouvernement de Versailles. La répression sera impitoyable.

 

Insurrection

On voit que l’aspiration à la liberté est le moteur de la révolution. Cette dernière est justifiée par bon nombre d’hommes de lettres. Il vous est proposé de découvrir l’Avis au peuple français sur ses véritables ennemis, écrit en 1790 par André Chénier. Poète, ce dernier partage l’enthousiasme de la révolution tout en restant un modéré. Ennemi du peuple, il est condamné à mort en pleine Terreur.

 

«  Lorsqu’une grande nation, après avoir vieilli dans l’erreur et l’insouciance, lasse enfin de malheurs et d’oppression, se réveille de cette longue léthargie, et par une insurrection juste et légitime, rentre dans tous ses droits et renverse l’ordre de choses qui les violait tous ; elle ne peut en un instant se trouver établie et calme dans le nouvel état qui doit succéder à l’ancien. La forte impulsion donnée à une si pesante masse la fait vaciller quelque temps avant de pouvoir prendre son assiette. Ainsi, après que tout ce qui était mal est détruit, lorsqu’il faut que les mains chargées des réformes poursuivent à la hâte leur ouvrage, il ne faut pas espérer qu’un peuple, encore chaud des émotions qu’il a reçues et exalté par le succès, puisse demeurer tranquille, et attendre paisiblement le nouveau régime qu’on lui prépare. Tous pensent avoir acquis le droit, tous ont l’imprudente prétention d’y concourir autrement que par une docilité raisonnée. (…) »

André Chénier, Avis au Peuple français

https://fr.wikisource.org/wiki/Avis_au_peuple_français,_sur_ses_véritables_ennemis

 

Nous verrons, dans le prochain article, que la contestation du pouvoir à Paris s’effectue sur les barricades et les armes à la main.

 

 

Repère à suivre : Paris et les barricades 

 

 

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