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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

La matrice du jardin parfait : Babylone

le thème du jardin dans la littérature offre aussi à voir un jardin mythique, celui de Babylone. Cela convoque le récit sumérien à l'origine du texte biblique. Où il est question d'un jardin et d'un interdit...

 

Repères : thème du jardin : présentation

 

Un poème babylonien

Après avoir visité le jardin des Hespérides, entrons de plain-pied aujourd’hui dans le mythe du jardin parfait.

 

Cette représentation d’un lieu idéalisé sur terre provient d’une croyance ancienne remontant à l’époque sumérienne. Le paradis figure dans le premier texte de l’humanité découvert dans des fouilles effectuées à la fin du XIXe siècle qui ont permis de découvrir de nombreuses tablettes d’argile appartenant à l’antique ville de Nippour, au sud-est de Babylone. Sur ces tablettes remontant à 1889 et 1900 avant JC, on a retrouvé des textes liturgiques, mythologiques et littéraires.

 

Un texte en particulier nous intéresse, c’est celui de Enki et Ninhursag, écrit en sumérien après avoir été longuement transmis de manière orale. Il s’agit d’un poème que les traducteurs ont divisé en trois parties : 

- l’âge d’or,

- le déluge,

- la chute.

 

Un récit en trois parties

L’hymne célèbre la montagne Dilmoun, un lieu saint où se trouvait la demeure d’Enki, dieu des eaux et de la sagesse et son épouse Ninhursag. Négligeant le culte d’Enki, les hommes connurent le déluge, à l’exception d’une poignée de justes  abrités dans un bateau. C’est alors que l’épisode du jardin apparaît avec l’être humain devenu jardinier par nécessité. Il s'agit d'un lieu unique avec de nombreuses plantes variées.

 

Malheureusement, toutes ces merveilles n’ont pas vocation à être consommées par l'homme. Ninhursag donne des instructions très précises à ce sujet :

« A mon roi quant aux plantes ligneuses elle donna des ordres :

Il pourra couper ; il pourra manger.

A mon roi quant aux plantes portant des fruits elle donna des ordres :

Il pourra cueillir ; il pourra manger »

 

Or, une plante n’avait pas été autorisée à la consommation, c’était la casse, fruit du canéficier, arbre de taille moyenne cultivé dans les zones tropicales ou subtropicales. L’homme y goûta néanmoins. Le châtiment vint aussitôt par la bouche de Ninhursag :

 

« Il ne verra pas la face de la vie jusqu’à ce qu’il meure. »

 

Source : Adolphe Lods, un poème babylonien sur l’âge d’or, le déluge et la chute (1916)

 https://www.e-periodica.ch/cntmng?pid=rtp-003:1916:4::353

 

Repère à suivre : variante du paradis avec l’épopée de Gilgamesh

 

 

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