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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

Mesa face à Ysé et Amalric (Claudel)

 

Dans le partage de midi, Claudel met en scène des trios amoureux qui se succèdent de l'acte II à l'acte III.

trio amoureux Claudel

 

Repères : thème du partage : l’étude

 

Dans l’article précédent, nous avons vu le premier trio amoureux qui ponctue l’acte II. Délaissons l’époux parti dans une terre lointaine et découvrons le second trio de ce drame claudélien.

 

Un couple improbable

À l’acte III, un effet de surprise saisit le spectateur au soleil couchant. Dans l’intimité d’une chambre, ce n’est pas Mesa qui apparaît, mais Amalric au côté d’Ysé.

 

Ils vivent ainsi maritalement dans une ville portuaire chinoise qui connaît un moment d’insurrection. La situation est extrêmement tendue, l’accès à la maison est miné. La fin est imminente. La femme se raccroche à Amalric, son seul soutien désormais pour elle-même et son tout jeune enfant.

 

Les premiers échanges entre les amants mettent brutalement en lumière l’état de dépendance affective et matérielle de cette femme autrefois si fière.

 

Que s’est-il donc passé pour que cet improbable ménage voie le jour ?

 

Le contexte tragique de la situation s’éclaire par les mots mêmes d’Ysé :

« … O tout ce que j’ai fait ! Est-ce moi ou est-ce une autre ?

Mon mari, trompé, quitté, mes enfants, mes pauvres enfants,

Je les laisse, je ne sais pas même où ils sont, et ce misérable homme que j’aimais

Et qui m’aimait, plus que sa vie, à peine quitté, je me livre à toi

Avec son enfant que je portais dans mon sein. »(Acte III)

 

La culpabilité d’Ysé

Au début de ce dernier acte, Ysé se présente comme un être doublement coupable. Elle a transgressé les conventions sociales en abandonnant son mari et ses enfants légitimes. Mais elle a aussi foulé aux pieds les conventions de l’amour, en quittant Mesa pour un séducteur sans foi ni loi.

 

Ysé, c’est désormais Ève, la femme perdue qui n’attend plus que la mort pour cesser de souffrir.

 

Or, arrive sur scène Mesa qui retrouve celle qu’il aime toujours un an après leur séparation. Dans un long monologue, il cherche à lui parler, à la reconquérir. Dans cette perspective, il lui apprend le décès de son mari et lui propose aussitôt le mariage. L’homme se confesse :

« … C’est vrai, j’ai désiré de désir que tu partisses ! J’étais faux et tu l’as deviné,

Et j’ai vu que je ne pouvais me passer de toi, et tu es mon cœur, et mon âme, et le défaut de mon âme… » (Acte III)

 

Ce silence le tue, il l’interroge et la supplie. Pour toute réponse, la femme se tient immobile devant son miroir. Par sa seule volonté, le dialogue avec Mesa ne peut plus se renouer.

 

Entre alors sur scène Amalric qui découvre, avec dépit, la présence dans les lieux de son ancien rival. Les deux hommes poussent Ysé à choisir entre eux.

 

Rongée par la culpabilité, cette dernière se tait toujours obstinément, ce qui a pour effet de faire surgir un combat entre ses deux amants.

 

Rapidement, Mesa est à terre. Profitant de la situation, Ysé et Amalric trouvent dans ses poches un laissez-passer officiel dont ils s’emparent aussitôt.

 

Avec ce précieux sésame, ils sont sauvés ; ils abandonnent le pauvre Mesa inconscient à une mort certaine.

 

C’est alors que renaît de ses cendres un amour, cette fois, partagé…

 

Repère à suivre : un amour absolu partagé (Claudel)

 

 

 

 

 

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Commenter cet article

Bernie 26/01/2019 18:25

un acte III qui est un tournant.