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Gazette littéraire

La formalisation d’une problématique (3)

Repères : thème de l’île : feuilleton

Il a été indiqué dans l’article précédent qu’Audrey, élève de terminale L, nouvellement arrivée, doit s’intégrer dans un groupe pour satisfaire aux exigences des travaux personnalisés encadrés (TPE). Ayant toujours éprouvé de grandes difficultés de socialisation, elle doit à cette occasion dépasser sa répugnance. Elle repère deux élèves qui selon ses critères -très personnels- pourraient travailler avec elle. Le groupe enfin constitué s’accorde à vouloir traiter du thème de l’île. Elles portent leur choix sur la Grande-Bretagne. Il reste désormais à définir une problématique précise…

La formalisation de la problématique

Au cours de la semaine suivante, les groupes furent fixés dans le marbre ; il n’était plus possible de les modifier. Travailler en groupe faisait partie intégrante de l’épreuve du baccalauréat. On devait en effet trouver en soi la chimie capable de faire avancer des personnalités différentes sur un projet commun. Nul ne se doute du véritable challenge à relever. S’entendre relève parfois du défi…

Nos trois élèves se mirent à réfléchir sur leur problématisation. Si elles avaient inscrit géographiquement leur thématique, il leur appartenait de circonscrire le sujet. Toute la difficulté des TPE réside précisément dans la formalisation d’une problématique. C’est alors que la douce Audrey montra sa vraie personnalité. De timide et douce, elle devient froide et cassante ; les deux amies en firent rapidement  les frais.

La révélation d’une personnalité cassante

C’est lorsque Félicie proposa avec sa candeur ce que ses parents lui avaient suggéré, « l’entente cordiale, mythe ou réalité », qu’Audrey répondit froidement qu’il s’agissait d’un sujet historique dépassé depuis la création de l’Union Européenne. Sentencieuse, elle expliqua aux deux amies -qui n’en demandaient pas tant- ce qui lui semblait rédhibitoire dans cette proposition. En l’écoutant, la pauvre Félicie devint livide. Le ton glacial de sa coreligionnaire l’avait profondément blessée. En son for intérieur, elle persista à penser que c’était une bonne idée.

De son côté, Manon, pour essayer de faire avancer les choses, et surtout  pour faire oublier qu’elle n’avait pas eu la force de défendre son amie devant l’aplomb insensé de celle qui semblait avoir pris la tête du groupe, suggéra d’étudier les différences culturelles entre la France et la Grande-Bretagne. « Trop subjectif, on n’évitera pas les lieux communs !  » répliqua encore plus cassante Audrey. Une nouvelle fois, à l’appui de cette conclusion péremptoire, elle étoffa à l’envi son point de vue avec une pointe de férocité. Les deux amies semblaient effarées ; se regardant, elles pouvaient réciproquement lire la même interrogation : « Pourquoi s’étaient-elles associées à cette fille qu’elles ne connaissaient pas vraiment ? » Elles l’avaient jugée sur sa seule mine, sur son apparence effacée. Elles surent désormais qu’elles avaient fait le mauvais choix ; elles ignoraient encore à ce stade de leurs réflexions qu’elles iraient de Charybde en Scylla…

Retrouvant un peu leur esprit, elles se mirent  à leur tour à l’interpeler pour essayer de reprendre en quelque sorte la main. Après tout, elles étaient deux contre une. Elles sauraient la remettre à sa place ! Leur fierté blessée les rendait cette fois agressives. « Et toi, qui sais tout sur tout, qu’est-ce que tu proposes ? »  « Qu’est-ce que tu as de mieux à suggérer ? » Audrey attendait en vérité depuis le début ces questions. Elle avait sciemment joué avec leurs nerfs. Cela faisait partie de son plan ; elle avait suscité toute cette hostilité pour mieux les ferrer…

 

Repères à suivre : le feuilleton : « en quoi la Grande-Bretagne est-elle encore une île ? »

TPE, Bac, section L, problématisation, Grande-Bretagne

TPE, Bac, section L, problématisation, Grande-Bretagne

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