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Jeudi 11 février 2010 4 11 /02 /2010 07:22

La justice humaine conduit à une sanction réparatrice ou punitive quelquefois définitive...

Lisez un extrait du pamphlet rédigé en 1829 par Victor Hugo contre la peine capitale. Le personnage accusé dont on ignore le nom et le passé est traduit devant les Assises pour un crime dont le nom n'est pas prononcé.


Le Dernier Jour de sa vie est l'objet de ce bouleversant ouvrage. La scène se déroule à la sortie du tribunal, la sentence venant d'être prononcée : la mort.

  ***

« – Condamné à mort ! dit la foule ; et, tandis qu’on m’emmenait, tout ce peuple se rua sur mes pas avec le fracas d’un édifice qui se démolit. Moi je marchais, ivre et stupéfait. Une révolution venait de se faire en moi. Jusqu’à l’arrêt de mort, je m’étais senti respirer, palpiter, vivre dans le même milieu que les autres hommes ; maintenant je distinguais clairement comme une clôture entre le monde et moi. Rien ne m’apparaissait plus sous le même aspect qu’auparavant. Ces larges fenêtres lumineuses, ce beau soleil, ce ciel pur, cette jolie fleur, tout cela était blanc et pâle, de la couleur d’un linceul. Ces hommes, ces femmes, ces enfants qui se pressaient sur mon passage, je leur trouvais des airs de fantômes.

Au bas de l’escalier, une noire et sale voiture grillée m’attendait. Au moment d’y monter, je regardai au hasard dans la place. – Un condamné à mort ! criaient les passants en courant vers la voiture. À travers le nuage qui me semblait s’être interposé entre les choses et moi, je distinguai deux jeunes filles qui me suivaient avec des yeux avides ; – Bon, dit la plus jeune en battant des mains, ce sera dans six semaines ! »



Le Dernier jour d'un Condamné, Victor Hugo, wikisource.

gazette-tetiere.jpg  Si vous avez aimé cet article, vous aimerez peut-être du même auteur L'INSTRUCTION ET LE SAVOIR... 

Par LITTERATUS - Ecrire un commentaire - Publié dans : Vers et prose
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Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /2010 07:29

La Gazette vous offre de lire une très belle déclaration dans la littérature française. Retrouvez les propos d'un accusé célèbre : on y trouve les sentiments les plus élevés, des regrets,  de la sincérité, mais aussi une critique acerbe de la société française du XIXème siècle.
 Julien Sorel est accusé de tentative de meurtre sur la personne de Madame de Rênal. Partagez l'émotion perceptible envahissant la salle d'audience....
« Messieurs les jurés,
« L’horreur du mépris, que je croyais pouvoir braver au moment de la mort, me fait prendre la parole. Messieurs, je n’ai point l’honneur d’appartenir à votre classe, vous voyez en moi un paysan qui s’est révolté contre la bassesse de sa fortune.

« Je ne vous demande aucune grâce, continua Julien en affermissant sa voix. Je ne me fais point illusion, la mort m’attend : elle sera juste. J’ai pu attenter aux jours de la femme la plus digne de tous les respects, de tous les hommages. Mme de Rênal avait été pour moi comme une mère. Mon crime est atroce, et il fut prémédité. J’ai donc mérité la mort, messieurs les jurés. Quand je serais moins coupable, je vois des hommes qui, sans s’arrêter à ce que ma jeunesse peut mériter de pitié, voudront punir en moi et décourager à jamais cette classe de jeunes gens qui, nés dans une classe inférieure, et en quelque sorte opprimés par la pauvreté, ont le bonheur de se procurer une bonne éducation, et l’audace de se mêler à ce que l’orgueil des gens riches appelle la société.

« Voilà mon crime, messieurs, et il sera puni avec d’autant plus de sévérité, que, dans le fait, je ne suis point jugé par mes pairs. Je ne vois point sur les bancs des jurés quelque paysan enrichi, mais uniquement des bourgeois indignés... »

Pendant vingt minutes, Julien parla sur ce ton ; il dit tout ce qu’il avait sur le cœur ; l’avocat général, qui aspirait aux faveurs de l’aristocratie, bondissait sur son siège ; mais malgré le tour un peu abstrait que Julien avait donné à la discussion, toutes les femmes fondaient en larmes. (...) »



Le Rouge et le Noir, Stendhal, IIème partie, Chapitre XLI, Le jugement : Wikisource

gazette-tetiere.jpgRetrouvez la plaidoirie d'un avocat dans l'affaire Crainquebille La justice humaine (IV) : la plaidoirie d'un avocat (Anatole France)

 

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