La justice humaine conduit à une sanction réparatrice ou punitive quelquefois
définitive...
Lisez un extrait du pamphlet rédigé en 1829 par Victor Hugo contre la peine capitale. Le personnage accusé dont on ignore le nom et le passé
est traduit devant les Assises pour un crime dont le nom n'est pas prononcé.
Le Dernier Jour de sa vie est l'objet de ce bouleversant ouvrage. La scène se déroule à la sortie du tribunal, la sentence venant d'être prononcée : la mort.
***
« – Condamné à mort ! dit la foule ; et, tandis qu’on m’emmenait, tout ce peuple se rua sur mes pas avec le fracas d’un édifice qui se démolit. Moi je marchais, ivre et stupéfait. Une révolution venait de se faire en moi. Jusqu’à l’arrêt de mort, je m’étais senti respirer, palpiter, vivre dans le même milieu que les autres hommes ; maintenant je distinguais clairement comme une clôture entre le monde et moi. Rien ne m’apparaissait plus sous le même aspect qu’auparavant. Ces larges fenêtres lumineuses, ce beau soleil, ce ciel pur, cette jolie fleur, tout cela était blanc et pâle, de la couleur d’un linceul. Ces hommes, ces femmes, ces enfants qui se pressaient sur mon passage, je leur trouvais des airs de fantômes.
Au bas de l’escalier, une noire et sale voiture grillée m’attendait. Au moment d’y monter, je regardai au hasard dans la place. – Un condamné à mort ! criaient les passants en courant vers la voiture. À travers le nuage qui me semblait s’être interposé entre les choses et moi, je distinguai deux jeunes filles qui me suivaient avec des yeux avides ; – Bon, dit la plus jeune en battant des mains, ce sera dans six semaines ! »
Le Dernier jour d'un Condamné, Victor Hugo, wikisource.
Si vous avez aimé cet article, vous aimerez
peut-être du même auteur L'INSTRUCTION ET LE SAVOIR...
Recommander - Voir les 9 commentaires











Derniers Commentaires